Le Vénérable Aryadeva (suite 2)

Après huit années de contrainte, il retrouve son emploi de mécanicien de précision auprès d’un constructeur d’avions. Là encore, il marque son indépendance en refusant de se laisser entraîner dans des grèves qui, sous prétexte d’entraide, n’ont d’objectif que l’action politique. Seul l’intéressait l’Ultime et tout ce qui s’y rapportait, la pièce manquante au puzzle de l’existence. Il se met en quête de la « connaissance cachée » qui constitue l’assise de toutes les grandes traditions, dont de nombreux textes font mention sans préciser ce qu’elle est. Pour lui, il ne suffit pas de croire, il est nécessaire de savoir.

Trois ans s’écoulent à l’issue desquels la « clef » se révèle à lui, clef qui permet d’ouvrir à la compréhension les écrits religieux. Il revoit ce qu’il a appris et lu depuis l’âge de 13 ans et le vérifie avec sa pierre de touche. Tous les textes, fermés jusqu’alors, deviennent clairs. Cette bienveillante ouverture de la porte des mystères n’appartient à personne ! La clef est là, depuis toujours. Elle se donne d’elle-même, personne ne pouvant se l’approprier ! Pour celui qui l’obtient, les livres ne sont plus nécessaires, car il passe naturellement de l’état de chercheur à celui de trouveur. Ce fut le cas de Paul Adam qui décida alors de partir en Inde, berceau de la civilisation aryo-dravidienne et réceptacle des nombreuses traditions vivantes de l’Eurasie, pour avoir des confirmations de sa découverte.

Moins d’un mois après son arrivée à l’université de Nalanda, dans l’État du Bihar, sa connaissance du sanskrit, du pali et du canon bouddhique ( le Tripitaka ) lui permettent d’être ordonné moine ( bhikshu ) dans l’Ordre du Bouddha ( le Sangha ), sous le nom de « Vénérable Aryadeva ». Il apprend à se présenter de porte en porte avec son bol afin de se nourrir. Très rapidement, il assimile les coutumes locales et commence à se familiariser avec le hindi, la langue la plus répandue avec l’anglais.

À la demande des autorités indiennes, et afin de ne pas être une charge pour la population, Paul Adam, désormais « Vénérable Aryadeva », enseigne les langues étrangères à l’Institut de sanskrit de Darbhanga, parmi les brahmanes de Mithila. Sa maison lui est prêtée par le maharaja de Darbhanga avec lequel il entretient des relations d’estime. Il est informé des intrigues de palais de ce petit royaume où les rumeurs d’attentats pour la conquête du pouvoir sont fréquentes. Il fait profiter de son maigre salaire un serviteur qui, sans lui, n’aurait aucun revenu. Il se trouve que ce dernier est aussi l’un des chefs des bandits de la région. Il protégeait ainsi le Vénérable, sans qu’il le sache, contre les nombreuses agressions perpétrées alentour.

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